Dans le département du Haut-Como, le chantier confié à BTP Assok-Fenn est en train d’entrer dans l’histoire.
Pas celle du développement local.
Plutôt celle des promesses qui s’évaporent plus vite que le béton ne sèche.
Sur instructions du gouverneur de la province du Woleu-Ntem, Jules Djeki, une mission de terrain a été conduite par le préfet David Ickombolo-Sumakuy, accompagné du maire de Medouneu, Henri Claude Obame, de son adjoint Marcelin Aboghe, et du président du Conseil départemental Essele Nguema Joachim.
Objectif : constater l’état d’avancement des travaux.
Résultat : ils ont surtout constaté l’état d’arrêt.
Six mois après l’installation de l’entreprise, à deux mois seulement de la date de livraison, le chantier avance avec la détermination d’un
escargot fatigué. Matériel rare, ouvriers peu visibles, progression quasi symbolique.
Mais au-delà du simple retard, l’affaire prend une tournure plus grave.
Selon les autorités locales, les fonds destinés au reprofilage auraient déjà été entièrement décaissés, alors que les travaux correspondants restent, eux, introuvables sur le terrain. Une situation qui alimente de sérieuses accusations de détournement de fonds publics et d’abus de confiance.
En clair : l’argent a circulé.
Le chantier, beaucoup moins.
Le constat dressé par la délégation est sans appel : engagements non respectés, calendrier transformé en fiction administrative, et prestations payées mais non livrées. On ne parle plus de retard, on parle désormais de défaillance.
Face à ce qu’ils considèrent comme une gestion inacceptable, les autorités ont exprimé un profond mécontentement, évoquant des mesures fermes et d’éventuelles sanctions à l’encontre de l’entreprise. Car pour elles, il ne s’agit plus d’un simple problème technique, mais d’une question de responsabilité.
Pendant ce temps, les populations du Haut-Como continuent d’attendre.
Attendre les routes promises.
Attendre les machines annoncées.
Attendre des travaux déjà payés.
Et dans cette province où chaque saison des pluies complique davantage les déplacements, le chantier ressemble moins à un projet de développement qu’à
une fresque murale : on l’annonce beaucoup, on le montre parfois, mais il ne mène nulle part.
Au Haut-Como, on ne construit pas seulement des infrastructures.
On bâtit aussi, visiblement, des records de lenteur… et peut-être désormais des dossiers à éclaircir.
Ajouter un commentaire
Commentaires