La tension observée ces derniers jours dans le transport urbain à Mitzic ne résulte ni d’une décision soudaine ni d’une opération punitive de la municipalité. Elle s’inscrit dans un calendrier administratif clairement établi.
Le 9 décembre, la mairie a publié une note officielle demandant à l’ensemble des taximen de régulariser leur situation administrative et technique avant le 1er février 2026. L’objectif était de remettre de l’ordre dans le secteur, d’identifier les véhicules autorisés à exercer et de garantir davantage de sécurité aux usagers.
À l’approche de l’échéance, le collectif des conducteurs composé majoritairement de chauffeurs étrangers, dont une forte proportion de ressortissants du Cameroun a fait part de difficultés financières,
évoquant un mois de janvier particulièrement contraignant pour effectuer les mises aux normes.
Selon la municipalité, cette doléance a été reçue avec compréhension. L’autorité locale a alors invité le collectif à déposer un courrier officiel afin de solliciter une prolongation du délai, seule procédure permettant un report légal. Mais cette démarche n’aurait jamais été formalisée.
En l’absence de demande écrite, la réglementation est restée applicable. Certains conducteurs ont néanmoins choisi de ne pas se conformer immédiatement, ouvrant ainsi un bras de fer avec l’administration.
La mairie tient toutefois à préciser que les taxis actuellement en circulation sont exclusivement ceux qui sont en règle et dûment réglementés. Seuls les chauffeurs ayant satisfait aux exigences administratives et techniques continuent donc d’exercer.
Cette situation a mécaniquement entraîné une baisse du nombre de véhicules disponibles, compliquant les déplacements quotidiens des populations. Élèves, travailleurs, malades et femmes enceintes subissent les conséquences d’un service réduit dans une commune où le taxi demeure essentiel.
Au-delà du différend, cette affaire met en lumière une réalité plus profonde : la nécessité de concilier discipline administrative et réalités sociales. Car si le dialogue reste possible, le respect des règles s’impose à tous.
À Mitzic comme ailleurs, les anciennes habitudes ont la peau dure face à la dynamique d’une Cinquième République gabonaise plus exigeante en matière d’ordre, de responsabilité et de conformité.
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